6 juin 2011
Cher journal,
Aujourd'hui, on est arrivé à notre nouveau centre aéré, le Pulpez Oulala, que ça veut dire "ça sent l'argent par ici" en papouasinien de par là-bas. Ca se trouve dans le Sud de l'Afrique, un super pays où on va retrouver plein de potes de club, où on va voir l'Arjen Robben Island, un collègue de Francky, et Nelson Mandanda, le papa de Steve. En arrivant à l'hôtel, le coch il nous a dit que ça serait mieux qu'on arrête un peu les conneries, que les gens ils racontent plein de mauvaises choses sur nous.
" - Ouais, ça va coch, vous nous connais, nous on est toujours discrets tout' manière... Qu'il disait Captain Patrice juste avant de recevoir un chronomètre sur la figure. C'est vrai quoi, plus discrets que nous ça existe pas. Si? Ah bon...
A ce qui paraitrait, y aurait une légende sur nous qui dit qu'on n'aurait jamais du passer les vacances d'été ici, cause qu'une fois Mr Henry il aurait fait une passe décisive de la main à Willy et que derrière, tenez vous bien, Willy il aurait marqué un but, et un but pour son camp en plus. N'importe quoi, franchement...
Des murs en peau véritable de Djibril des bois...
A peine arrivés, les anciens ils se sont chamaillés pour savoir qui c'est qui partageait la chambre de Sydney. A ce qu'il parait, dormir avec le Syd, c'est comme avoir une chambre pour soi tout seul. Maintenant qu'ils le disent, c'est vrai qu'à chaque mise aux verres avec le club, y a Monsieur Cris qui me dit que Sydney, il dort dans un autre hôtel, la "belle étoile" que ça s'appelle, qu'il parait que c'est "à deux grammes, deux grammes cinq" de notre hôtel à nous.
Moi, je dors avec Yohan. C'est monsieur Aulas qui m'a demandé d'insister pour faire dodo avec Yohan. Et dès qu'il s'est endormi Yoyo, je dois lui répéter trente fois à l'oreille "tu aimes les quenelles, tu rêves de grosses quenelles". Il en a de ces idées, le président... Si les autres, ils apprennent ça, ils vont encore se moquer de nous, qu'on préfère les garçons, et plein d'autres bêtises. Déjà qu'ils font rien qu'à le taquiner, le Yohan. Hier dans l'avion, y a Franck qu'a dit à Yoyo, "toi Kourkuf, tu voyages en classéko". Et il l'a enfermé dans les toilettes tout le vol.
L'après-midi, on est allés voir notre nouveau terrain d'entraînement, le champ d'hérève que ça s'appelle, ça doit être une plante du coin. "C'est ça, petit, c'est une plante qu'il faut en fumer beaucoup pour être grand et fort, comme Mr Barthez" il m'a dit Mr Bidal. Oui mais moi le tabac, j'aime pas ça, que ça doit être pour ça que les grands ils m'acceptent pas dans leur bande, ceux qui reste cachés derrière le grand buisson pendant les footings du matin.
Après, on a aussi fait une opposition. Ca sert à la mise en place tactique qu'il dit le coach. Moi, les mises en place tactiques du coch, elles me font encore plus mal à la tête que les cigarettes pointues de Sydney, tellement y a des flèches et des ronds partout sur le tableau. Enfin, pour l'instant, dans les mises en place du coch, je suis gardien de but, c'est au moins ça que j'ai compris.
Les titulaires, on a une chasuble rouge, et les patibulaires, ils en ont pas. Jusque là, c'est simple. Enfin... c'est surtout les journalistes qui disent que ceux qu'ont une chasuble, c'est eux qui font les matchs pour de vrai. Mais moi, j'y crois pas vraiment, la preuve, dans mon équipe avec les chasubles, y a William, Nico et Sydney. Alors, tu comprends pourquoi j'ai des doutes. "Allez, les chasubles, on se met dans la même configuration que contre la Chine" il a dit le coach. Purée, on va encore ramasser... Mais les anciens ils ont refusé de faire comme contre les chinois, parce que les matchs à l'entraînement, ils sont pas sur Bête Clic à 22 de côte pour l'adversaire, et que quand on est chez les Bleus, on se couvre jamais de ridicule gratuitement. "Tu comprends mieux les entraînements à huis clos, maintenant ?". C'est le coch qui disait ça à Robert qui était en train de s'étouffer...
Notre mise en place tactique toute neuve de juste avant la Chine-que-la-Chine-pouce-ça-comptait-pas-que-c'était-juste-pour-prendre-la-prime-de-coupe-du-monde-qu'on-pourrait-pas-prendre-mais-que-maintenant-c'est-plus-pour-de-rigoler, ça s'appelle le 433 coulissant : Abou qui coulisse partout et nous on le regarde faire. Après, on a Franck, lui, il sert à améliorer notre conservation ("surtout la sienne" qu'il dit Mr Henry). Il doit aussi faire un marquage sur le numéro 8 d'en face, mais lui, il fait de l'individuel sur le notre de 8, Yoyo, qui a pourtant une chasuble comme nous. Plus une balle qu'il a touché le Yoyo...
Après, on a une zone floue du terrain, qu'on connait pas très bien, c'est notre côté droit que Mr Duverne il appelle ça "le triangle des bermudas-claquettes", que des fois, y a des ballons qui passent par là-bas, qu'on sait jamais ce qu'ils deviennent.
Et devant notre super dispositif à noeuds coulissants, on a Nico, c'est notre attaquant de pointe. Dans le vestiaire, y en a qui disent que c'est surtout notre attaquant de pointeuse, qu'il a toujours les yeux collés sur l'horloge du stade, comme la postière du village de mon papi, et que des fois Nico, il est obligé de rester dans le rond central parce qu'il y voit pas très bien de devant l'autre but combien de temps il reste avant la douche... Le coch et Nico, ils chipotent beaucoup sur le numéro dans le dos de Nico. Le coach, il lui a mis un 9 et Nico, il veut un 9,5. "Si Nik' il a le 9.5, moi, je veux le 8.6" qu'il a dit Sydney. Mais toutes manières, Nico, il en a fait rien qu'à sa tête (oui, il fait rien, c'est ce que je dis). A Nico, tu lui mets un 9 sur le carnet de notes, et ben, il va trafiquer le carnet pour se mettre un 9,5. Même pas fichu de se mettre la moyenne, trop la honte...
Du coup, le coch, il a mis en place un permutage de folie pour quand Nico il a perdu sa montre, et qu'il part demander l'heure à Mr Bidal. C'est William qui part devant les cages d'en face pour couvrir les replis défensifs de Nico, et moi qui couvre les replis offensifs de William parce que Mr Bidal, il doit déjà couvrir les attaquants d'en face. Monsieur Bidal, c'est un couvreur de folie, un "couvreur-dézingueur" qu'il dit Mr Robert. Eh, journal, de toi à moi... Avec le 433, ceux d'en face, on va tous les piler qu'ils vont rien y comprendre. "En plus, des ourougouaiziens qui causent mêm pas la France" comme il dit Franck. Ce coup-là, Mr Duverne, il s'est vraiment étouffé. Moi, à chaque fois que je vois un chronomètre filant, je fais un voeu.
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